2012-11-13T17:58:00+01:00

"Écrire, je sais faire..."

Publié par Fraise

MissPlunket_Uterus1.jpgÇa me reprend. 

 

Faut dire qu'il y en a partout, des bébés et des femmes enceintes, autour de moi. Faut dire qu'on est tellement bien qu'on a envie de multiplier tout cet amour. 

 

C'est moins douloureux qu'avant.

Un peu moins.

Ça dépend des jours. 

 

J'ai du mal à mettre des mots dessus. Je veux dire, c'est tellement rationnel, les mots. Et ça, c'est tout sauf rationnel. C'est trop dans mes tripes, ma poitrine, ma gorge, mes larmes. C'est trop dans ma tête, dans mes yeux, dans ma voix. Depuis trop longtemps, trop douloureusement. 

 

Ya du progrès. C'est un sujet qui sort de l'ombre dans laquelle je l'avais refoulé. Je ne sais pas pourquoi, mais je ressentais une sorte de honte, un tabou, je ne me sentais pas le droit d'exprimer cette envie, ce désir, trop profond, trop intime, cache-le, n'en parle pas, on va se moquer de toi, penser que tu n'y as pas droit, que tu n'en es pas capable, pas digne. (t'as reconnu la voix de ma mère ? Elle qui m'a dit, mot pour mot, que moi je n'aurai pas d'enfant parce que j'avais "trop besoin de temps pour moi, au calme, le nez dans mes bouquins" Ça paraît innocent, comme phrase, non ? Ça m'a transpercé le coeur.)

 

Alors, il y a les sentiments positifs. Le désir, l'envie, l'imaginaire, la projection dans le futur, la joie quand c'est quelqu'un que j'apprécie qui va avoir un enfant. Mais il y a surtout les sentiments négatifs. La solitude extrême. Le désespoir que t'essaie de combattre. La douleur sourde, en bruit de fond, quand ma mère me parle pendant 30 minutes de la grossesse de la copine de mon petit frère. La jalousie, comme un coup de poignard dans le ventre, quand une fille que j'aime pas particulièrement annonce sa grossesse ou la naissance de son bébé. Je veux dire, pourquoi elle et pas moi ? Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ? 

 

Je sais. C'est irrationnel. Je me raisonne moi-même, j'ai de longues conversations avec mon utérus, dans lesquelles je lui explique que "chaque chose en son temps", que je suis étudiante là, que ça sera mieux pour tout le monde (enfin, nous trois surtout, les autres on s'en fout) si on attend un an ou deux, que j'aie un vrai boulot, et mon amoureux aussi, que j'aie réglé mes problèmes avec mes parents avant de les projeter sur mon enfant...

 

Mais hé, tu sais quoi ? Un utérus n'a pas de cerveau. Ni d'oreilles, d'ailleurs. Donc, ce que je lui dis, il en a rien à foutre. Lui, ce qu'il voit, c'est qu'il se tape tout le boulot, une fois par mois, de retapisser toute la chambre du bébé, et que moi je suis pas capable de lui fournir un locataire. Normal qu'il en ait marre, ya pas de partage des tâches. 

 

Alors je chantonne... Ça fait passer le temps. Ou pas. 

 

 



 

 

"J'veux un enfant

J'veux un enfant
J'veux dans mon ventre

Sentir le sang

La vie dedans

J'veux un enfant

Passent 28 jours, les doigts croisés, j'attends mon tour.
Puis sur mes dessous le sang revient comme toujours.
J'me sens bien seule, mais j'ferme ma gueule quand autour de moi
Toutes les cigognes frappent aux portes, sont passées par là.

 
J'ai envie d'hurler, j'ai envie d'pleurer, j'm'accroche à ton cou.
Qu'est ce qu'ils font les autres ? Qu'est ce qu'ils ont les autres de plus que nous ?
J'me fous des discours, des mots qui rassurent, des professionnels.
Connaissez-vous la peine d'une femme qui rêve d'être mère ?

 
La belle, je sais faire.
La conne, je sais faire.
La cuisinière aussi.
La fille, je sais faire.
La pute, je sais faire.
Mais pas donner la vie.

J'veux un enfant
J'veux un enfant
J'veux dans mon ventre

Sentir le sang

La vie dedans

J'veux un enfant"

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