2013-05-14T14:37:00+02:00

"Un truc qui traînait"

Publié par Fraise

Je regarde pour la énième fois Kaamelott. En ce moment, c'est la saison 5, celle où Arthur part à la recherche de ses enfants potentiels. Et parallèlement, voilà que je tombe sur une interview dans laquelle il évoque le sujet de la paternité, sujet qui est présent dans la plupart de ses oeuvres :

Quand on voit Kaamelott, on voit l’histoire du Roi Arthur qui cherche sa descendance. Dans Que ma joie demeure, on voit ça aussi. La question de la descendance est-elle primordiale pour vous aussi ?

Bon sang, mais vous avez raison. Même dans mon film David et madame Hansen, il y a un enfant mort. Bon, aujourd’hui, je pense que ça va mieux. Il a fallu tout ça. On est tous en train de fourguer notre angoisse. Je ne suis pas le seul. J’avais un truc qui trainait avec ça. Avant d’avoir des enfants moi-même, j’étais persuadé de ne pas pouvoir en avoir. Je ne sais pas du tout d’où je tiens ça, parce que j’en ai eu sans problème. Je vivais dans le truc de me dire, "je ne vais pas y arriver, ça va m’être interdit". C’était un grand cauchemar alors que depuis l’âge de 16, 17 ans je souhaite en avoir. Je n’ai pas trouvé tout de suite une dame assez courtoise pour m’en faire tout de suite. J’avais 25 ans, mais si j'avais pu en faire plus tôt, je l’aurais fait, je vous assure. J’ai vécu avec cette panique jusqu’à ce que j’en ai, à tel point que quand ma femme m’a annoncé qu’elle était enceinte pour la première fois, je ne l’ai pas cru tout de suite. Je ne sais pas, l’enfance, c’est quelque chose qui me touche. La mienne. Et ma paternité, je n’en fais rien d’original, mais c’est le fruit d’une grande inspiration. Désormais, là, avec votre réflexion, je ne vais plus dire les choses de la même façon. Je pense.

 

Ce passage d'interview m'a touchée, comme me touche particulièrement la détresse d'Arthur dans cette cinquième saison (décidément, je sors pas d'Harmonium aujourd'hui !) et les réflexions de Bach dans Que ma joie demeure

 

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Parce que j'ai, moi aussi, cette peur, cette espèce de conviction que je n'ai pas le droit d'y penser, que cela va m'être refusé, interdit, alors que j'en ai envie depuis longtemps. Pas le droit d'y penser, pas le droit d'en parler, pas le droit d'être mère un jour. 

 

J'en ai parlé avec mon psy. Et j'ai réalisé que ce fantasme de stérilité, c'était probablement celui que j'ai ressenti envers ma mère quand elle attendait mon frère et ma soeur. En tant qu'aînée, ces deux bébés ne pouvaient que me prendre ma place, me voler l'amour de mes parents. Alors, j'ai rêvé qu'ils n'existaient pas, que ce gros ventre n'était rien, et ce rêve, je l'ai intégré comme mien, comme une partie de moi qui me dirait "non, pas de bébé". 

 

Parallèlement, j'ai probablement cette envie profonde d'avoir des enfants pour réparer ma propre enfance. Pour les protéger, leur donner l'amour que je n'ai pas reçu, ou mal, ou pas assez. C'est peut-être pour ça que je pense allaiter mes enfants, que j'ai le désir de les tenir peau à peau, et que j'en rêve la nuit. Parce que ma propre mère n'a pas pu, pas su, s'occuper de  moi pendant les premiers mois de ma vie. 

 

Pourquoi fait-on des enfants ? 

Réponse de l'anthropologue : pour perpétuer l'espèce. 

Réponse du psy : pour réparer sa propre enfance.

Réponse de Fraise : pour donner de l'amour, encore et toujours. 

 

 

 

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