2012-06-14T17:10:00+02:00

"On choisit pas sa famille"

Publié par Fraise

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Comment tu fais quand ça t'arrive à toi ?

 

Ces reportages télé à la con, ces articles de magazine, ce que t'as lu dans des bouquins.

 

Comment réagir quand ça s'est passé sous tes yeux aveugles pendant des années ?

 

Rage et culpabilité. 

 

 

Tu voudrais leur reprocher de ne rien avoir vu, de ne rien avoir fait, mais t'as rien fait non plus, et toi tu t'en doutais. 

Tu voudrais saisir son crâne chauve et le fracasser, longtemps, violemment, contre un mur de pierres, mais tu sais que t'en es incapable. 

Tu voudrais lui rendre au centuple ce qu'il a infligé, qu'il souffre comme elle a souffert et comme elle souffre encore, qu'il endure la douleur physique et mentale qui anéantit totalement une personne. 

Tu voudrais le castrer, l'empêcher d'avoir des gosses pour pas qu'il en fasse d'autres victimes. 

Tu voudrais hurler, leur balancer tout cru dans la gueule pour qu'ils ressentent eux aussi ce sentiment d'impuissance, cette honte de ne rien avoir fait alors que c'était leur rôle. 

 

Mais à quoi ça servirait ? 

 

Alors tu cries dans le vent en pédalant comme une dératée sur ton vélo, parce que c'est tout ce que tu es capable de faire, Don Quichotte ridiculement tragique. 

Et puis tu fais une promesse, à toi et à elle :

il ne s'en tirera pas comme ça. 

 

 

 

Ce texte a été gribouillé sur une feuille de papier mercredi après-midi. Ce soir, mes sentiments sont légèrement différents. 

 

 

En novembre dernier, j'ai eu un accident de voiture. J'ai percuté un mur de pierres, l'airbag s'est déclenché, et mon visage s'est violemment écrasé dans le tissu blanc (me causant au passage une brûlure au 3ème degré et une entorse cervicale dont je ressens encore par moments les conséquences). Je suis restée un moment KO, complètement sonnée, incapable de réagir, de faire un mouvement pour sortir de la voiture qui s'emplissait de fumée. 

 

Voilà l'état dans lequel j'étais hier. 

 

Aujourd'hui, l'état de choc est passé. Et je suis déterminée à agir. Comme en novembre dernier, je vais sortir de l'habitacle, marcher pieds nus dans la boue pour sauver ce que je peux encore sauver, et attendre les secours. 

 

Première étape : on en parle. Toi à un professionnel, pour mener ton combat. Moi aux acteurs principaux de ce cauchemar, pour que chacun prenne ses responsabilités, t'aide et te protège, enfin. 

Je n'ai aucune idée de ce que sera la deuxième étape. Mais on trouvera, et on y arrivera. 

 

Mais je ne sais pas si, cette fois, je pourrais lui pardonner. 

 

"These wounds won't seem to heal

This pain is just too real

There's just too much that time cannot erased"

 

 

 

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commentaires

M.A.D. 14/06/2012 20:18


Je savais que j'aurais pas du t'en parler (foutue Despe)... Je ne veux aucune forme de vengeance, je veux juste, moi, pouvoir vivre normalement avec tout ça. Je ne veux pas créer de troubles au
milieu de tout ça, alors que tous, eux et lui, même toi et lui, venez de vous retrouver.


 


Je ne veux pas que ça sorte au grand jour. Et même si tu leur en parlais, ils ne te croiraient pas de toute façon, et ça ne ferait que tous nous faire retomber dans un conflit. Ta référence pour
beaucoup de chose, c'est la parole de Dieu. Et Dieu a dit "pardonne". Pardonne, et aime. Ne hais pas. Et ne le hais pas. C'était un concours de circonstances, que tout se soit passé comme ça
s'est passé. Ca n'aurait pas dû, oui, probablement pas, mais ça s'est passé, et beaucoup de choses ont changées depuis. Il a changé, lui aussi. Il redevient comme il était que quand il est
défoncé (à l'alcool seulement cela dit, remarque qu'il a fait des progrès), la personne qu'il était n'existe plus aujourd'hui.


 


Je ne t'ai pas dis ça pour que tu entres là dedans avec les armes à la main, mais pour que tu saches, pourquoi j'en suis arrivée là où j'en suis maintenant (et là où j'en étais il y a deux ans et
cinq mois), et qu'éventuellement tu me soutiennes dans ma démarche si tu le sentais ainsi. Je n'ai jamais dis ça pour qu'un conflit revienne... Quand vous deux êtes en conflit, je suis au milieu.
Et c'est la même chose quand tu es en conflit avec eux, ou lui avec eux.


 


Je n'ai jamais eu le sentiment de vraiment appartenir à cette famille (je parle surtout d'eux et de la grande famille qu'on a, pas de nous trois), alors être responsable d'un conflit, qui plus
est qui risque d'être conséquent s'il a lieu, je refuse catégoriquement. Ne leur en parle pas. Ni à lui, ni à eux. Je ferai face de nouveau à tout ça avec un professionnel, pour pouvoir y faire
face et réapprendre certaines choses, mais je ne veux rien d'autre, aucune forme de vengeance ou d'explication avec eux ou avec lui.


 


Souviens toi. "Pardonne, et aime". Ne déteste pas. Le pardon, on l'accorde par charité, pas par "mérite". Tout le monde profite de ta charité, tu ne peux pas changer les règles pour une seule
personne.


 


Et quand je te demande de ne pas leur en parler, ce n'est pas pour la forme, je le pense vraiment. Peut être que je le ferai, un jour, si je juge ça utile. Mais pour l'instant, ils ont tous assez
de soucis comme ça, toi aussi, moi aussi. Laisse les garder leurs oeillères. Moi, ça ne me gêne pas. Ils ont le droit de ne pas vouloir voir, ils veulent voir le meilleur de nous, le reste, ils
ne veulent pas le savoir. Si ça leur convient, alors très bien, laisse les choses telles qu'elles sont.


 


Je t'aime.

Fraise 14/06/2012 21:22



Non. Désolée, mais non. Garder ça secret, c'est lui permettre de recommencer, parce que la violence il l'a encore en lui. C'est cautionner ce qui s'est passé. 


 


Pardonner, ce n'est pas rester sans rien faire face à des actes inommables et impardonnables. Pardonner, c'est d'abord comprendre et agir. Aide-toi, le Ciel t'aidera. Dieu ne nous dit pas de
rester passif face à ce qu'il nous envoie, face aux épreuves. Dieu nous dit de prendre notre vie en main, et d'en faire ce qu'on veut. 


 


Je ne garderai pas ce secret. Parce que c'est un poids trop lourd à porter, autant pour toi que pour moi. Et parce que ça ne serait pas te rendre service de le faire. Mais ça, tu ne le
comprendras peut-être que quand tu auras vu un spécialiste. 


 


Je ne garderai pas ce secret, mais je ne le révélerai pas dans un esprit de vengeance, seulement dans un esprit de justice et de vérité. Ce n'était PAS un concours de circonstances. Dire ça,
c'est lui trouver des excuses. Cette violence, il l'a encore en lui, et si révéler tout ça peut lui permettre de se remettre en question, d'évoluer, de se faire aider, je le ferais. 


 


Je ne cherche pas le conflit, je ferais tout pour l'éviter. Je ne cherche que la vérité. Et parler de ça fera peut-être sortir d'autres choses, permettra peut-être de mettre des choses sur la
table, et de régler des problèmes qui nous hantent depuis trop longtemps. Ça aura l'air d'être négatif, mais ce qui en ressortira sera positif. 



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