2013-03-04T21:08:00+01:00

Des petits bouts

Publié par Fraise

L'incertitude. Ne pas savoir ce qui m'attend, demain, la semaine prochaine, le mois prochain, l'an prochain. Ne pas pouvoir prévoir, organiser, rationnaliser, ne pas avoir toutes les cartes en main pour faire mes choix. Essayer de les faire tant bien que mal, en croisant les doigts pour qu'ils soient les moins mauvais. 

 

La peur d'échouer. Toujours là, depuis mes premiers instants de vie. Et si je tombais, et si je me faisais mal, et si je n'arrivais pas à me relever ? Et pourtant, je me suis toujours relevée, et je suis toujours repartie, et j'ai continué à marcher, à courir parfois, car quand on a peur, ça aide de foncer droit dans la pente.

 

La peur de décevoir. Ce poids sur mes épaules, cette attente, pressante, mais muette, d'autant plus difficile à combattre. L'envie de satisfaire les derniers désirs d'une figure paternelle mourante. Le haussement d'épaules  peu convaincant, parce que je ne devrais avoir peur de ne décevoir que moi-même. 

 

Le sentiment de perdre mon temps. Conscience d'en avoir déjà trop perdu. Envie d'attaquer ma nouvelle vie, maintenant, tout de suite, de ne pas attendre, de ne pas me faire une raison, de ne pas patienter calmement comme une grande fille. Envie de retourner en arrière,de changer mes choix, et pourtant... Sans eux je ne serais pas là, je ne serais pas moi, je ne serais pas comme ça. 

 

L'attente. Le combat quotidien, à coups de rayons de soleil et de petites victoires, à coups de mots et de notes, contre l'éternelle ennemie qui guette, toujours, dans l'ombre, prête à jaillir à la moindre faiblesse. Fuir la solitude, renouer avec des rêves et des envies profondes, pour la mettre à distance, m'en débarrasser. 

 

Patchwork de mots et de sensations. 

Vie décousue cherche couturière. 

 

 

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commentaires

M.A.D. 05/03/2013 09:20

L'incertitude. C'est une bonne chose, même si ça fait peur. La vie est une expérience de tous les instants, si on sait à quoi s'attendre, si on prévoit tout, on ne vit pas. Je le sais, je l'ai fait
(ou plutôt, j'ai tenté de le faire) pendant des années. Comme je le dis toujours, "si c'est arrivé, c'est que ça devait arriver", "si ça doit arriver, ça arrivera". Ne te rends pas malade avec ce
qui est, ce qui peut être, ce qui sera, ce qui pourrait être, ce qui était, et ce qui aurait pu être : laisse toi couler dans le flot de la vie comme un poisson qui suit le courant. Parce que nager
à contre-courant, ça ne fait faire que du sur-place... La peur d'échouer. Et si... ? Avec des "et si", on referait le monde. Mais ce ne sont pas les "et si" qui font avancer. Se lancer pour faire
des choses, c'est comme faire un saut à l'élastique : ça fout la trouille, on ose pas, on se dit qu'on pourrait mourir. Et une fois qu'on a sauté, quel que soit le résultat, on est content de
l'avoir tenté. Je t'ai toujours vue comme une personne qui, non seulement se relève de toutes ses épreuves, mais qui en tire toujours un enseignement profond, et qui en sort toujours meilleure. Je
t'ai toujours vue comme quelqu'un de reconnaissant envers ses erreurs. Et tu m'as toujours dit qu'on après plus de ses erreurs, de ses défaites, que de ses réussites. Comme tu me l'as dit y a un
an, "on a le droit de se planter, c'est pas grave". La peur de décevoir. A qui le dis-tu... Je n'ai pas osé formuler mon souhait de choix de vie à voix haute pendant très longtemps. J'avais essayé,
au collège, un peu au lycée, mais cette sensation de destruction des espoirs paternels m'a fait renoncer et continuer les choses comme il le voulait. Oui, ça doit être triste pour lui, d'en arriver
à ce point-là de sa vie avec tant de choses qui ne sont pas comme il les avaient voulues. Mais ça, c'est son problème, c'est entre lui, son bien-être et sa thérapeute. Emancipe-toi. Ca fait peur,
ça fait chier, on se dit que peut-être en fait c'est lui qui avait raison, qu'on est de toute façon un peu trop con pour choisir nous-mêmes, qu'on lui doit, même, de réaliser les rêves qu'il avait
pour nous. Mais c'est faux. Tu vis pour toi, pas pour lui. Quoi qu'on fasse, de toute façon, il ne cessera pas de nous aimer : et c'est ça l'essentiel. Il en a voulu au frangin, il a souffert de
ses choix, ils ont eu des passes difficiles tous les deux, où ils ne se comprenaient plus. Et peut être qu'ils ne se comprennent toujours pas vraiment. Mais ils s'aiment quand même, et c'est
vraiment la seule chose qui compte. Il nous l'a toujours dit, "on ne peut être fier que de ce qu'on a accompli nous même", alors fais tes choix, réussis, plante-toi, et tu seras fière d'en être
arrivée là où tout ça t'aura menée. Le sentiment de perdre ton temps. Je ne sais plus où j'ai entendu cette phrase, mais je la trouve incroyablement juste "dès l'instant où vous cessez de le
combattre, le temps se range de votre côté". Le temps, tu en as. Plein. Il n'y a aucune règle quelque part qui dit que à telle période de ta vie, tu dois faire ça, à telle autre, autre chose :
c'est à toi de décider. Toi, l'individu. Tu ne perds pas ton temps, tu le construis pour mieux vivre ensuite. Et tu vois, ma voisine de classe, elle a ton âge et elle est en première année de
licence : elle vit en couple, là en vacances elle est partie au ski en couple, ils ont des projets. Ce que je veux dire, c'est que c'est pas parce qu'elle a 25 ans et qu'elle vient d'entrer à la
fac (de nouveau. Elle est aussi en reprise d'études) qu'elle va pas avoir le temps de vivre sa vie avec son amoureux et de faire de beaux projets et de les réaliser. Ca viendra seulement un peu
après. Et tout ce qu'elle vit là, ce n'est pas une perte de temps. Et toi non plus. L'attente. Pour ma part, je n'en suis plus là. Je ne sais pas vraiment comment, ni pourquoi, mais elle n'est plus
là. Ou plutôt, elle a muté. Elle n'est plus cette ennemie que j'appelais Mrs Hyde, qui me traînait dans les bas-fonds des endroits les plus sombres et sordides de mon esprit. J'ai peur, encore,
parfois. Mais l'autre voix est devenue plus forte. Je pense que c'est aussi en partie grâce à toi. Tu te souviens, il y a quelques temps, tu m'as donné une chanson. "U-turn". Moi je m'en souviens.
Tu as été ce guide. Maintenant, je peux avancer sans, j'ai plus peur. Tu vois, on est presque à la fin de l'hiver : est-ce que, cette année, elle est souvent revenue te visiter ? Est-ce que, cette
année, tu n'as pas passé un hiver doux et froid vidé de beaucoup d'ombres ? Un hiver bien meilleur que ceux d'avant ? Elle s'en va, pour toi aussi. Elle ne sera bientôt plus qu'un murmure au milieu
de cris rayonnants, si ce n'est pas déjà le cas. (j'ai relu "Impératrice" récemment. Ce qui explique sans doute les fréquents recours aux comparaisons "poétiques")

M.A.D. 05/03/2013 09:20

L'incertitude. C'est une bonne chose, même si ça fait peur. La vie est une expérience de tous les instants, si on sait à quoi s'attendre, si on prévoit tout, on ne vit pas. Je le sais, je l'ai fait
(ou plutôt, j'ai tenté de le faire) pendant des années. Comme je le dis toujours, "si c'est arrivé, c'est que ça devait arriver", "si ça doit arriver, ça arrivera". Ne te rends pas malade avec ce
qui est, ce qui peut être, ce qui sera, ce qui pourrait être, ce qui était, et ce qui aurait pu être : laisse toi couler dans le flot de la vie comme un poisson qui suit le courant. Parce que nager
à contre-courant, ça ne fait faire que du sur-place... La peur d'échouer. Et si... ? Avec des "et si", on referait le monde. Mais ce ne sont pas les "et si" qui font avancer. Se lancer pour faire
des choses, c'est comme faire un saut à l'élastique : ça fout la trouille, on ose pas, on se dit qu'on pourrait mourir. Et une fois qu'on a sauté, quel que soit le résultat, on est content de
l'avoir tenté. Je t'ai toujours vue comme une personne qui, non seulement se relève de toutes ses épreuves, mais qui en tire toujours un enseignement profond, et qui en sort toujours meilleure. Je
t'ai toujours vue comme quelqu'un de reconnaissant envers ses erreurs. Et tu m'as toujours dit qu'on après plus de ses erreurs, de ses défaites, que de ses réussites. Comme tu me l'as dit y a un
an, "on a le droit de se planter, c'est pas grave". La peur de décevoir. A qui le dis-tu... Je n'ai pas osé formuler mon souhait de choix de vie à voix haute pendant très longtemps. J'avais essayé,
au collège, un peu au lycée, mais cette sensation de destruction des espoirs paternels m'a fait renoncer et continuer les choses comme il le voulait. Oui, ça doit être triste pour lui, d'en arriver
à ce point-là de sa vie avec tant de choses qui ne sont pas comme il les avaient voulues. Mais ça, c'est son problème, c'est entre lui, son bien-être et sa thérapeute. Emancipe-toi. Ca fait peur,
ça fait chier, on se dit que peut-être en fait c'est lui qui avait raison, qu'on est de toute façon un peu trop con pour choisir nous-mêmes, qu'on lui doit, même, de réaliser les rêves qu'il avait
pour nous. Mais c'est faux. Tu vis pour toi, pas pour lui. Quoi qu'on fasse, de toute façon, il ne cessera pas de nous aimer : et c'est ça l'essentiel. Il en a voulu au frangin, il a souffert de
ses choix, ils ont eu des passes difficiles tous les deux, où ils ne se comprenaient plus. Et peut être qu'ils ne se comprennent toujours pas vraiment. Mais ils s'aiment quand même, et c'est
vraiment la seule chose qui compte. Il nous l'a toujours dit, "on ne peut être fier que de ce qu'on a accompli nous même", alors fais tes choix, réussis, plante-toi, et tu seras fière d'en être
arrivée là où tout ça t'aura menée. Le sentiment de perdre ton temps. Je ne sais plus où j'ai entendu cette phrase, mais je la trouve incroyablement juste "dès l'instant où vous cessez de le
combattre, le temps se range de votre côté". Le temps, tu en as. Plein. Il n'y a aucune règle quelque part qui dit que à telle période de ta vie, tu dois faire ça, à telle autre, autre chose :
c'est à toi de décider. Toi, l'individu. Tu ne perds pas ton temps, tu le construis pour mieux vivre ensuite. Et tu vois, ma voisine de classe, elle a ton âge et elle est en première année de
licence : elle vit en couple, là en vacances elle est partie au ski en couple, ils ont des projets. Ce que je veux dire, c'est que c'est pas parce qu'elle a 25 ans et qu'elle vient d'entrer à la
fac (de nouveau. Elle est aussi en reprise d'études) qu'elle va pas avoir le temps de vivre sa vie avec son amoureux et de faire de beaux projets et de les réaliser. Ca viendra seulement un peu
après. Et tout ce qu'elle vit là, ce n'est pas une perte de temps. Et toi non plus. L'attente. Pour ma part, je n'en suis plus là. Je ne sais pas vraiment comment, ni pourquoi, mais elle n'est plus
là. Ou plutôt, elle a muté. Elle n'est plus cette ennemie que j'appelais Mrs Hyde, qui me traînait dans les bas-fonds des endroits les plus sombres et sordides de mon esprit. J'ai peur, encore,
parfois. Mais l'autre voix est devenue plus forte. Je pense que c'est aussi en partie grâce à toi. Tu te souviens, il y a quelques temps, tu m'as donné une chanson. "U-turn". Moi je m'en souviens.
Tu as été ce guide. Maintenant, je peux avancer sans, j'ai plus peur. Tu vois, on est presque à la fin de l'hiver : est-ce que, cette année, elle est souvent revenue te visiter ? Est-ce que, cette
année, tu n'as pas passé un hiver doux et froid vidé de beaucoup d'ombres ? Un hiver bien meilleur que ceux d'avant ? Elle s'en va, pour toi aussi. Elle ne sera bientôt plus qu'un murmure au milieu
de cris rayonnants, si ce n'est pas déjà le cas. (j'ai relu "Impératrice" récemment. Ce qui explique sans doute les fréquents recours aux comparaisons "poétiques")

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