2012-05-30T12:11:00+02:00

"Car le feu qui me brûle est celui qui m'éclaire"

Publié par Fraise

o7t6i83g.gifElle s'est abattue, soudainement, et de tout son poids.

 

Ses ailes gigantesques ont battu l'air, violemment, lançant des flammèches de toutes parts. Son souffle incandescent a envahi les alentours, son cri sourd s'est répandu le long des rues et des avenues. 

 

Elle s'est installée et a fait son nid sur les toits, les trottoirs, les tramways surchauffés. 

 

Un abri ? Tu pourras trouver un peu de répit sous un arbre, oui, ou près d'une fontaine consacrée. Mais tu ne pourras lui échapper longtemps. Bientôt, sa respiration insolente viendra lécher ta peau, langoureusement, insidieusement, et tu tomberas en son pouvoir immortel. 

 

Moi, je suis allongée, les yeux fermés. Je subis. Tiens encore un peu. Au début, c'était assez agréable. La sensation d'une vague d'énergie qui se déverse en moi par chaque pore de ma peau. L'impression de renaître, après trop de grisaille, trop de fatigue, trop de violence glaciale. Cette violence-là n'en est pas vraiment une. Oh bien sûr, elle peut te couper le souffle, t'empêcher d'aspirer l'air dans tes poumons, bloquer la rapidité de ton corps. Mais elle vient si lentement, peu à peu. 

 

Là. C'est éprouvant, mais pas encore insupportable. Ne bouge pas d'un cheveu. Essaie encore de te gorger de l'énergie bienfaisante. Même si elle te paralyse, à présent. Tu es sur le fil. Ton corps essaie de lutter, en expulsant un peu d'eau, en aspirant avidemment chaque brin d'air.

 

Voilà. Tu n'es plus que tourment. Le poids devient accablant. Inutile de bouger, ça ne changerait rien. Tu te représentes un lieu glaciaire, pour prolonger un peu le supplice que tu t'infliges. Tu prends conscience de chaque parcelle de ton corps, qui te hurle d'arrêter la torture, qui te supplie de trouver une solution. Et tu savoures le contrôle de ton esprit sur ces petites molécules de chair sans lesquelles tu ne serais rien. 

 

D'accord.

Ouvre les yeux.

Redresse-toi, et pivote. 

D'abord un pied, puis l'autre.

Les mollets, les genoux, les cuisses.

Tu es dans l'entre-deux, tu as peur d'avoir froid, mais tu sais que tu aimeras ça.

Alors, d'un seul mouvement, tu entres dans l'eau apaisante, qui efface instantanément la morsure brûlante du soleil.

Et tu savoures la liberté de tes mouvements, et le bien-être enfin retrouvé. 

 

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A partir du mot "chaleur" donné par Jojo 

Le titre est une citation d'Etienne de La Boétie

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