2014-03-02T15:20:02+01:00

Virage

Publié par Fraise

"Il y a dans chacune de nos vies un moment dont on peut dire : il y a eu un avant, et un après. Un moment qui a chamboulé nos croyances, remis à zéro notre regard sur le monde, ou sur nous-mêmes. En joli, ou en pourri." 
dit So' sur son blog "Pieds nus dans l'écume"

 

J'appellerais ça des virages. Dans ma courte vie de 27 années, je peux dire que j'en ai connu deux, en moins de 3 ans. Ça fait rapide. Mais peut-être qu'avant ça, je n'étais pas prête à y faire face. Oui, je suis toujours convaincue que chaque chose arrive pour une raison, et au moment où il le faut. 

 

Alors voilà. 2 virages. 

Le premier m'a sauvée d'une vie qui ne me convenait pas, dans laquelle j'étais en train de m'enterrer dans une pseudo-vision de la vie parfaitement normée comme nous l'apprennent la plupart des histoires : en couple depuis quelques années, dans un boulot "comme il faut", en train d'apprendre à devenir la parfaite ménagère, mettant la pression à mon mec de l'époque pour assouvir mes envies d'enfant. Comme s'il fallait mettre la pression à quelqu'un pour une décision d'une telle importance. Comme si mes skills en cuisine, ménage ou couture allaient me rendre heureuse. Comme si ce boulot me convenait parfaitement. Comme si le couple était inévitable. 

Ça n'a pas été facile, de négocier ce virage. Le constat de l'infidélité m'a littéralement et physiquement brisé le coeur. J'ai tout perdu en l'espace de 3 mois : mon mec, mon travail, mon appart, ma confiance en l'avenir... J'ai dû repartir de rien, rentrer vivre chez mes parents, où je dormais dans le bureau de mon père sur un matelas par terre, retrouver un travail, un appart, un équilibre... J'ai mis de longs mois à m'en remettre, après un passage par la case anti-dépresseurs. 

Ce que j'ai appris ? Que j'étais capable de partir quand une situation ne me convenait plus. Que j'étais capable de détruire une vie bien construite, un avenir bien tracé pour reconstruire une vie à mon image. Que j'étais capable de rebondir. Que j'étais forte. 

 

 

Le deuxième virage a été ma rencontre avec la mort. La conscience de sa présence près de moi. 3 deuils en l'espace de 6 mois. Une amie d'enfance, mon grand-père et mentor, mon bébé. Une énorme claque dans la gueule. La douleur, le silence, la colère. La reprise d'une thérapie grâce à laquelle j'ai pu extérioriser toutes ces émotions qui me dévoraient de l'intérieur, qui me rongeaient et menaçaient de me transformer en coquille vide. L'acceptation, l'apprentissage de la vie comme pendant de la mort, de la mort comme conséquence de la vie. 

Ce que j'ai appris ? Que la vie ne se calcule pas, ne se prévoit pas, ne s'anticipe pas. Qu'il faut parfois lâcher prise, et laisser les choses se faire. Que j'ai le droit de pleurer, et que personne ne peut juger de la validité de mes larmes. Que la mort n'est pas une fin tant que nous sommes vivants. Que même un événement aussi dévastateur peut avoir des conséquences constructives. 

 

 

Je ne doute pas que d'autres virages tout aussi importants m'attendent à l'avenir. Et dans ces deux-là, je puise la certitude de pouvoir les affronter et en sortir plus grande, plus forte, plus armée. 

 

"Growing Strong"

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